L’agriculture et l’aéronautique se partagent en Midi-Pyrénées l’activité économique.
Selon la taille des communes rurales, il faut tout faire pour maintenir de 2 à 10 exploitations. Chacune induit entre 5 et 10 emplois, dont certains de proximité : médecin, infirmière, artisan, employés de grande surface, transformateurs, fournisseurs, etc. Aujourd’hui, toutes les productions sont en difficulté : lait et produits laitiers, viande , vin dont les exportations s’effondrent essentiellement à cause de la crise, céréales qui ont retrouvé leur prix le plus bas. Il faut une politique de garantie des prix à échelon européen et mondial accompagné d’une politique d’emplois sans charge. Le cochon est à 1€ la carcasse, et les 2/3 des exploitations ont eu recours à des aides très modestes de la part de l’Etat pour alimenter leur trésorerie, pour simplement payer leurs fournisseurs !
Même si les AMAP et les circuits courts constituent des avancées, elles ne représentent qu’une faible part de notre production agricole et alimentaire ; elles n’ont donc qu’un impact limité sur notre territoire. Certes, elles doivent être encouragées et évoluer vers le bio dont la demande explose, mais cela concerne quelques points en pourcentage de la production. Le courage pour nos territoires, c’est d’observer dans le détail ce qui se passe dans nos filières vendues et consommées à partir des grandes surfaces (Arnaud LAFON rejoindra un collectif contre l’ implantation d’une grande surface), qu’il s’agisse de lait, de viande, de légumes ou de vin. A cet égard, nous applaudissons à l’extension de la mission de l’Observatoire des coûts et des marges, et nous souhaitons que son prolongement soit créé au niveau de notre région. Il nous faut de la lisibilité et de la transparence pour redonner confiance à nos producteurs. Alors, et alors seulement nous pourrons dire que nous oeuvrons pour notre territoire dans son intégralité.
Sortons du faux débat de l’agriculteur pollueur qui a permis d’accéder pour tous à une alimentation à très faible coût avec une parfaite innocuité : observons le nombre de diarrhées alimentaires à comparer avec d’autres pays pour les touristes(a) ! L’apport protéique a eu pour conséquence l’accroissement de notre taille, et tout le monde sur Terre veut grandir : et à ce rythme, nous allons manquer de viande… bien que pour notre santé nous pourrions modérer notre consommation, mais tout est si bon … De même, l’exploitation de la totalité des ressources en eau doit être étudiée et appliquée dans l’objectif de maintenir les cours d’eau et de favoriser l’irrigation, dont une partie doit aller aux cultures légumières de plein champ.
Bien sûr, l’agriculture biologique doit être encouragée, mais dans mon exploitation 3 tonnes d’azote sont indispensables pour la pousse de l’herbe au printemps ; pour détruire les ronces, j’embauche contre le casse-croûte en lieu et place du désherbant. Il me faut 60 tonnes de foin, soit 10.000 €, pour mon stock fourrager. Moyennant quoi, je devrais vendre en direct ma viande bio 15 € le Kg au lieu de 12. Elle approchera les 30 euros au rayon boucherie. Qui pourra en acheter, en consommer ?
Il faut enfin affranchir l’agriculteur de la grande distribution qui l’a mis tellement à contribution qu’il n’en peut plus. Trop d’agriculteurs se suicident. Un, tous les deux ou trois ans, passe à l’acte dans mon secteur : à force de tirer trop sur la ficelle, elle se casse. Que ceux qui sont en difficulté trouvent ici un réconfort : ils ne sont pas coupables, ils sont victimes d’une accélération des circuits financiers qui privilégie la rentabilité de l’argent, plus que la rémunération du travail.
L’homme doit continuer d’être au centre de nos préoccupations. L’agriculteur ne veut plus être comme sous l’Ancien régime taillable et corvéable à merci. Il souhaite vivre comme les autres catégories socio-professionnelles et bénéficier d’une rémunération équitable. A ce titre, un coup de pouce de la Région aux Associations de remplacement serait salutaire. Construisons ensemble avec « Midi-Pyrénées en action » un bouclier rural !
Christian ANDRIEU, candidat dans le Tarn











