AriLa matinée du mercredi 24 février, Arnaud LAFON et des candidats tarnais avaient rendez-vous avec des viticulteurs du gaillacois. La rencontre a eu lieu à Lisle-sur-Tarn, sur le domaine viticole de Marc Aldibert, dans le beau cadre des côteaux qui dominent la vallée du Tarn. Avaient répondu à l’invitation plusieurs viticulteurs, représentant les différentes formes de commercialisation du vin de Gaillac : la vente aux particuliers en bouteilles, la commercialisation directe aux consommateurs en vrac, le recours à une coopérative viticole et la vente à un négociant, cette dernière forme étant actuellement la plus problématique. Ces quatre techniques de commercialisation peuvent paraître concurrentes, mais sont en réalité complémentaires, chacune correspondant à une demande spécifique de la clientèle potentielle.
Le dialogue entre les différents acteurs de cette rencontre a porté essentiellement sur les difficultés rencontrées par les viticulteurs. Bien que certaines soient spécifiques à la viticulture, l’ensemble des propos échangés justifie pleinement la volonté d’Arnaud LAFON de « mettre l’agriculture au cœur du débat politique ». A été évoquée la difficulté de l’adaptation au négoce ; les petits négociants se raréfient, et ne restent présents sur le marché que les grosses structures qui font chuter les cours de façon dramatique pour les producteurs. Une autre difficulté paraît insurmontable, celle de l’adaptabilité à la demande : il est très compliqué de répondre à une demande rapidement changeante, alors que la vigne, comme nombre d’autres productions agricoles, s’inscrit dans la durée. Est soulevé également le problème des traitements phytosanitaires, très largement employés dans la viticulture, sans qu’apparaissent aujourd’hui de solutions crédibles pour limiter leur emploi. Enfin sont évoquées l’incohérence des politiques agricoles, dont les demandes, à quelques années d’écart, sont contradictoires, et l’inefficacité de l’argent public injecté dans l’agriculture.
Après avoir rappelé que « les agriculteurs sont les artisans qui façonnent le paysage et que leur maintien est indispensable pour éviter la désertification », et avoir souligné toute la noblesse de leur travail, qui fait appel à « des savoir-faire de haute technologie », Arnaud LAFON a indiqué plusieurs pistes que le Président de Région est en capacité de prendre pour aider les agriculteurs à vivre du fruit de leur travail, et non de dépendre essentiellement d’aides de l’Etat ou de l’Europe : aider à la promotion des produits locaux par une politique tarifaire, et un contournement de la grande distribution en favorisant les circuits courts ; exercer un droit de regard des pouvoirs publics pour organiser les filières en les moralisant ; bloquer l’ouverture de grandes surfaces, ce qui semble être en phase avec un changement de comportement des consommateurs qui fréquentent moins les hypermarchés au profit des marchés de plein vent. Dans le cadre de la mise en place de nouvelles sociétés coopératives, la Région a la possibilité d’entrer dans le capital de la société et d’exercer ainsi un droit de regard qui permettrait plus de transparence. Pas de faux-fuyant face au problème posé par les OGM, mais une prise de position responsable : la recherche sur les OGM est légitime et doit être poursuivie, mais en laboratoire et dans une structure dépendant du public et non du privé.
Cette rencontre avec des viticulteurs, dans un premier temps un peu réticents, s’est finalement déroulée dans un climat détendu et a été l’occasion d’un échange enrichissant. A partir de la spécificité des problèmes de la viticulture, il a permis de mettre en lumière la convergence des difficultés rencontrées par l’ensemble des producteurs agricoles de Midi-Pyrénées. Pour résoudre ces difficultés, le chef de file du Mouvement Démocrate a proposé des solutions concrètes, pragmatiques, qui tiennent compte des mentalités du producteur et du consommateur, mais sans sacrifier à l’air du temps.
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