Après une première journée dans le Tarn, axée sur la filière agro-alimentaire de la viande, autour de Puylaurens, c’est avec une thématique proche que Arnaud LAFON revient dans le département.

Le marché de Réalmont, où l’accueillent Laurence Pujol et des colistiers tarnais, est le théâtre d’une séance de distribution de tracts et de contact direct plus ou moins fructueux avec une population rurale. Cette prise de contact, qui ne dure qu’une petite heure en raison d’un programme chargé, est suivie d’une visite à la Maison Familiale Rurale de Peyregoux, l’occasion pour Arnaud Lafon et son équipe de découvrir l’originalité de ce type d’établissement d’enseignement.

Etablissement privé laïque pratiquant la formation en alternance, la MFR de Peyregoux, créée en 1959, scolarise des jeunes de plus de 14 ans, âge minimum pour entrer en apprentissage. Les formations dispensées, service à la personne, enseignement agricole, hôtellerie et restauration, sont des formations classiques présentes dans d’autres types d’établissements. Mais l’originalité de Peyregoux tient à son recrutement et à son approche pédagogique : le but de l’école est de redonner le goût de l’apprentissage et de permettre l’acquisition d’une formation professionnelle à des élèves lassés par les structures scolaires classiques et, de ce fait, en situation d’échec. Pour ce faire, la Maison Familiale, avec ses 176 élèves, dont une grande partie en internat, est un établissement à taille humaine qui accueille une centaine de jeunes à la fois, dans des classes de 20 élèves. L’internat, aux règles strictes, permet de donner un cadre, une structure formatrice. Les activités périscolaires, animées par des adultes qui ne sont pas uniquement des professeurs, mais des formateurs, poterie, théâtre, aide aux devoirs…, sont source d’enrichissement et aident à la réussite personnelle, but avoué de l’établissement. Mais, M. Vitali, le chef d’établissement, ne cache pas les difficultés rencontrées : un financement très serré, des stages difficiles à trouver, des formations en mutation. Pourtant les projets ne manquent pas à cet établissement inscrit résolument dans le développement durable , projets qui manifestent le dynamisme de la structure. Arnaud LAFON souligne que, par la philosophie qui sous-tend son action pédagogique, cette structure éducative est en parfaite adéquation avec sa propre vision du rôle de la Région : rapprocher les acteurs les uns des autres.

Après la MFR, visite de l’exploitation de Henry Redoules et de ses frères pour découvrir un système de séchage en grange qui permet grâce à l’énergie solaire de sécher le foin et d’obtenir un foin d’excellente qualité, qui permet d’améliorer la qualité fromagère du lait de brebis. Un déjeuner donne l’occasion à Arnaud LAFON de rencontrer le Conseiller général du canton et d’avoir un échange avec la presse locale, échange au cours duquel il souligne l’intérêt de définir les territoires ruraux comme des compléments aux métropoles, alors que d’autres déclinent l’attractivité toulousaine comme concurrentielle, ce qui est une erreur.

Visite de la laiterie FABRECap ensuite sur la laiterie de Viane, entreprise familiale de type artisanal. La visite, guidée par M. Fabre, est suivie d’un échange mettant en lumière les points forts et les faiblesses de la structure. A partir de lait de chèvre, de lait de brebis et de lait de vache, elle produit 12 types de fromages différents. Le lait est collecté dans une zone classée zone de montagne, ce qui donne à la laiterie une image de montagne très fortement marquée, mais son isolement ne lui permet pas d’obtenir une labellisation qui lui permettrait d’avoir une véritable identité. Pour se tourner vers une production de meilleure qualité, de fromage au lait cru, la laiterie a besoin de laits possédant de meilleures aptitudes fromagères, ce qui nécessite une évolution de l’alimentation animale qui ne peut se faire que par des investissements et un accompagnement technique dans lequel la Région se doit d’intervenir. La journée se termine enfin chez un éleveur laitier soucieux de vivre de son travail sans demander l’aumône, comme les autres catégories socio-professionnelles.

Carnet de campagne :
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